Vous voulez comprendre le nerf fibulaire commun ? C’est le nerf qui permet de relever le pied et de sentir le dessus de votre pied.
Ce guide explique simplement son anatomie, son trajet et les problèmes fréquents qui peuvent l’affecter.
Le nerf fibulaire commun en un coup d’œil
Pour avoir une vision d’ensemble rapide, voici une fiche d’identité du nerf fibulaire commun.
| Origine | Branche terminale du nerf sciatique, au sommet de la fosse poplitée (l’arrière du genou). |
| Racines | Provient des racines nerveuses L4, L5, S1 et S2. |
| Trajet principal | Longe le muscle biceps fémoral, puis contourne le col de la fibula (péroné). |
| Branches terminales | Il se divise en deux branches : le nerf fibulaire superficiel et le nerf fibulaire profond. |
| Fonctions principales | Flexion dorsale du pied (relever le pied), éversion (tourner la plante du pied vers l’extérieur) et extension des orteils. |
Anatomie détaillée et origine du nerf fibulaire
Le nerf fibulaire commun, aussi appelé nerf péronier commun ou anciennement nerf sciatique poplité externe, n’est pas un nerf indépendant à sa base. Il est l’une des deux branches finales du plus gros nerf du corps humain : le nerf sciatique.
Cette séparation se produit généralement en haut de la fosse poplitée, la zone creuse située à l’arrière du genou. À cet endroit, le nerf sciatique se divise en deux : le nerf tibial, qui descend tout droit vers le mollet, et notre nerf fibulaire commun, qui part sur le côté.
Bon à savoir : Dans certains cas, cette division du nerf sciatique peut se produire plus haut, au niveau de la cuisse. C’est une variation anatomique qui n’a généralement pas de conséquence.
Le nerf fibulaire commun est lui-même formé par des fibres nerveuses issues des racines L4, L5, S1 et S2 de la moelle épinière. Une fois formé, il est plus petit que le nerf tibial. Il chemine à côté de structures importantes comme l’artère poplitée et le nerf tibial avant de prendre sa propre direction.
Trajet précis : de la cuisse à la jambe
Comprendre le trajet du nerf fibulaire commun est essentiel, car c’est son parcours qui le rend vulnérable à certaines blessures.
Dans la fosse poplitée
Après sa naissance, le nerf descend en diagonale à l’arrière du genou. Il suit le bord latéral (extérieur) de cette zone, collé au muscle biceps fémoral, un des gros muscles de l’arrière de la cuisse. Son trajet est assez superficiel à cet endroit, juste sous la peau.
Le passage critique du col de la fibula
C’est l’étape la plus importante de son trajet. Le nerf fibulaire commun quitte l’arrière du genou pour passer sur le côté de la jambe. Pour cela, il doit contourner la tête de la fibula (anciennement péroné), l’os fin situé sur l’extérieur de la jambe, juste sous le genou.
Ce passage au niveau du col de la fibula est une zone de vulnérabilité majeure. Le nerf est ici très exposé, plaqué directement contre l’os avec très peu de protection (graisse ou muscle). C’est pourquoi une compression ou un choc à cet endroit précis peut facilement l’endommager.
La division en branches terminales
Juste après avoir passé le col de la fibula, le nerf fibulaire commun pénètre dans la loge latérale de la jambe. Il traverse un muscle appelé le muscle long fibulaire (ou long péronier). C’est à l’intérieur de ce muscle qu’il se divise en deux branches terminales qui auront des rôles bien distincts :
- Le nerf fibulaire superficiel
- Le nerf fibulaire profond
Chacune de ces branches va ensuite poursuivre son chemin dans une « loge » musculaire différente de la jambe.
Les 2 branches terminales et leurs rôles
Une fois que le nerf fibulaire commun s’est divisé, ses deux branches prennent le relais pour assurer les fonctions motrices et sensitives jusqu’au pied.
Le nerf fibulaire superficiel (musculo-cutané)
Comme son nom l’indique, ce nerf a un rôle à la fois musculaire et cutané (pour la peau). Il descend dans la loge latérale de la jambe, entre les muscles fibulaires et le muscle extenseur des orteils.
- Rôle moteur : Il innerve les muscles long et court fibulaires. Ces muscles sont les principaux responsables de l’éversion du pied, le mouvement qui consiste à lever le bord externe du pied.
- Rôle sensitif : Il devient ensuite superficiel et assure la sensibilité de la majeure partie du dos du pied et de la partie basse et latérale de la jambe. Le cutané sural latéral est une de ses branches sensitives.
Le nerf fibulaire profond (tibial antérieur)
Cette branche plonge plus en profondeur dans la jambe, dans ce qu’on appelle la loge antérieure. Elle chemine le long de l’os du tibia, accompagnée par l’artère tibiale antérieure.
- Rôle moteur : Il est crucial pour relever le pied. Il innerve les muscles de la loge antérieure, notamment :
- Le muscle tibial antérieur (le plus important pour la flexion dorsale)
- Le long extenseur des orteils
- Le long extenseur de l’hallux (le gros orteil)
L’ensemble de ces muscles permet la flexion dorsale du pied (ramener la pointe du pied vers le haut) et l’extension des orteils.
- Rôle sensitif : Son territoire sensitif est très petit. Il ne s’occupe que de la peau d’une petite zone précise : le premier espace interdigital, c’est-à-dire la zone entre le gros orteil et le deuxième orteil.
Pathologies courantes : quand le nerf souffre
En raison de son trajet exposé, le nerf fibulaire commun est l’un des nerfs les plus souvent atteints au niveau du membre inférieur. La cause principale est la compression du nerf au niveau du col de la fibula.
Les principales causes de lésion sont :
- La compression : C’est la cause la plus fréquente. Elle peut être due à une position prolongée (jambes croisées, position accroupie), un plâtre trop serré, un amaigrissement rapide (qui réduit le coussinet graisseux protecteur) ou une tumeur locale.
- Le traumatisme direct : Un choc sur le côté du genou ou une fracture du col de la fibula peuvent directement blesser le nerf. Une entorse du genou peut aussi l’étirer.
- Les causes médicales : Le diabète peut fragiliser les nerfs (neuropathie diabétique), tout comme certaines maladies inflammatoires ou des interventions chirurgicales au genou.
Les symptômes d’une atteinte du nerf fibulaire commun sont très caractéristiques.
Le symptôme moteur principal est le steppage. La personne est incapable de relever la pointe de son pied. À la marche, le pied « tombe » (on parle de pied tombant ou « drop foot »), ce qui oblige à lever très haut le genou pour ne pas trébucher. C’est une démarche très reconnaissable.
D’autres symptômes peuvent apparaître :
- Moteurs : Une difficulté ou une impossibilité à faire le mouvement d’éversion du pied.
- Sensitifs : Une perte de sensibilité, des fourmillements ou des douleurs sur le dos du pied et la partie latérale de la jambe. La petite zone entre le gros orteil et le deuxième est souvent la première touchée.
FAQ – Questions fréquentes sur le nerf fibulaire commun
Où se situe le nerf fibulaire commun ?
Il naît à l’arrière du genou (fosse poplitée) puis contourne la tête de la fibula sur le côté extérieur de la jambe, juste sous l’articulation du genou. C’est à cet endroit qu’il est le plus facile à localiser et aussi le plus vulnérable.
Pourquoi le nerf fibulaire est-il douloureux ?
Une douleur peut être le signe d’une irritation ou d’une compression. Comme il passe dans un canal étroit contre l’os, toute inflammation, œdème ou pression extérieure (choc, position prolongée) peut le comprimer et déclencher des douleurs, des fourmillements ou des décharges électriques.
Quels sont les symptômes d’une atteinte du nerf fibulaire ?
Les symptômes les plus courants sont le « pied tombant » (incapacité à relever le pied, ce qui provoque un steppage à la marche) et une perte de sensibilité sur le dos du pied. Une faiblesse pour tourner le pied vers l’extérieur est aussi fréquente.
Comment soigner une compression du nerf fibulaire ?
Le traitement dépend de la cause. Souvent, ça commence par du repos et de la kinésithérapie pour renforcer les muscles et travailler la posture. Des attelles peuvent aider à maintenir le pied. Si la compression est sévère ou ne s’améliore pas, une décompression chirurgicale peut être nécessaire pour libérer le nerf.
